Le graphique de l'indice allemand des prix des actions DAX est photographié à la bourse de Francfort
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé lundi, les investisseurs ayant fait preuve de prudence face au risque alors que l'impasse diplomatique au Moyen-Orient a entraîné une nouvelle hausse des prix du pétrole.
À Paris, le CAC 40, pénalisé par le luxe, a perdu 0,69% à 8.056,38 points. À Francfort, le Dax a grappillé 0,07% et à Londres, le FTSE 100 a pris 0,36%.
L'indice EuroStoxx 50 a fini en baisse 0,28%, le FTSEurofirst 300 a pris 0,13% et le Stoxx 600 a gagné 0,11%.
Les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran restent dans l'impasse après que Donald Trump a qualifié dimanche de "totalement inacceptable" la réponse iranienne à la proposition de Washington visant à mettre fin à leur conflit, ce qui a entraîné un nouveau bond des prix du pétrole et a anéanti les espoirs suscités au cours du week-end de voir les discussions aboutir.
Peu après la clôture de l'Europe de ce lundi, le président américain a de nouveau pris la parole pour juger de "stupide" la proposition de l'Iran.
Le Brent progresse de 2,48% à 103,80dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 2,24% à 97,56 dollars, après avoir atteint respectivement 105,99 et 100,37 dollars plus tôt en séance.
Les craintes concernant l'approvisionnement en brut restent donc bien présentes, malgré un répit d'environ 6% pour les deux contrats de référence au cours de la semaine dernière. Depuis le début de l'année, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, a déjà progressé de 70%.
Le PDG du géant pétrolier saoudien Aramco, Amin Nasser, a averti lundi que le marché pétrolier perdrait environ 100 millions de barils par semaine si les perturbations dans le détroit d'Ormuz persistent au rythme actuel, tandis que, selon un sondage de Reuters, la production pétrolière des membres de l'Opep a encore baissé en avril pour atteindre son plus bas niveau depuis plus de vingt ans.
Dans ce contexte, et alors que la crainte d'une vague inflationniste plane, les investisseurs suivront de très près la visite de Donald Trump en Chine cette semaine, dans l'espoir que Pékin puisse contribuer à apaiser les tensions.
"Les États-Unis chercheront probablement à pousser la Chine à exercer des pressions sur l'Iran mais il est peu probable qu'un communiqué commun contenant des éléments concrets soit rendu public", dit Robert Gilhooly, économiste chez Aberdeen Investments
"Si des déclarations positives des deux parties seront bien accueillies par les marchés comme le signe d'un maintien du statu quo, les dynamiques sous-jacentes continuent néanmoins d'indiquer un éloignement progressif des deux puissances sur le long terme", a-t-il ajouté.
VALEURS
À Paris, LVMH a reculé de 4,3%, lanterne rouge du CAC 40, dans un contexte d'inquiétude quant aux perspectives du secteur du luxe, alors que la situation au Moyen-Orient n'évolue guère.
Le compartiment du luxe du Stoxx 600 a perdu 3,42%, entraîné également par L'Oréal, Hermès, Kering, qui ont tous abandonné entre 2,5 et 3,5%. Ailleurs en Europe Burberry a perdu 3,3% et Moncler 4,9.
Le constructeur autombile Renault a perdu 2,3%, après que BofA a abaissé sa recommandation sur la valeur à "neutre" contre "acheter", dans une note dans laquelle le courtier souligne également que la hausse des prix du carburant accélère l'expansion des constructeurs automobiles chinois en Europe.
À Francfort, TKMS a reculé de plus de 6%, malgré avoir fait état lundi d'un carnet de commandes record.
Les actions du secteur de la défense ont chuté d'environ 13% depuis que les États-Unis ont lancé leur attaque contre l'Iran fin février et le groupe allemand Rheinmetall a encore abandonné 2,69% lundi et près de 30% depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Le secteur a évolué en inverse proportion des prix de l'énergie, les investisseurs estimant que la hausse des cours pourrait nécessiter des mesures budgétaires et, potentiellement, retarder les marchés publics dans le domaine de la défense en Europe.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones cède 0,04%, tandis que le Standard & Poor's 500 se remet des légères baisses enregistrées plus tôt dans la séance pour gagner 0,30%, tout comme le Nasdaq Composite, qui progresse de 0,33%.
TAUX
Les rendements obligataires de la zone euro ont progressé lundi, la hausse des prix du pétrole ayant ravivé les craintes d'une nouvelle flambée de l'inflation.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris près de 4 points de base à 3,0428%. Le deux ans a quant à lui augmenté de 5,3 points de base à 2,6462%.
Au Royaume-Uni, les rendements ont nettement grimpé, la situation politique difficile dans laquelle se trouve le Premier ministre britannique Keir Starmer venant s'ajouter aux craintes inflationnistes.
Le Gilt britannique à 30 ans a pris 9 points de base à 5,6690% et celui de l'obligation à 10 ans a grimpé de 8 à 4,998%.
Le chef du gouvernement britannique a promis lundi de replacer la Grande-Bretagne au coeur de l'Europe, alors qu'il joue son va-tout pour demeurer au 10, Downing Street malgré la déroute historique du Parti travailliste aux élections locales du 7 mai, qui a relancé les appels à la démission au sein de son camp.
"Les marchés craignent qu'un nouveau gouvernement travailliste n'entraîne un assouplissement des règles budgétaires et une augmentation de l'endettement public", a déclaré Oliver Faizallah, analyste chez la société de courtage Charles Stanley.
Les rendements sont également en hausse aux Etats-Unis, sur fond de craintes inflationnistes.
Le rendement des Treasuries à dix ans avance de 2,8 points de base à 4,3923%. Le deux ans gagne également près de 3 à 3,9222%.
CHANGES
Le dollar évolue peu (+0,01%) face à un panier de devises de référence, les investisseurs suivant de près l'évolution de la situation au Moyen-Orient.
L'euro perd 0,06% à 1,1777 dollar et la livre sterling gagne 0,10% face au billet vert.
A SUIVRE LE 12 MAI :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer